Le Cervin par l’arête du Lion est l’une des plus belles courses d’alpinisme des Alpes. Plus sauvage que l’arête du Hörnli, cet itinéraire italien offre une ascension variée mêlant randonnée d’altitude, escalade facile, passages équipés de cordes fixes et ambiance de haute montagne. Une aventure inoubliable au départ de Breuil-Cervinia, accompagnée par le Bureau des Guides.
Jour 1 – De Plan Maison au refuge Carrel
Notre aventure débute par les remontées mécaniques jusqu’à Plan Maison. Une courte marche d’environ 40 minutes nous conduit au refuge Oriondé, où nous faisons une dernière pause et remplissons les gourdes : c’est le dernier point d’eau avant le refuge Carrel.
Le sentier débute tranquillement avant de devenir progressivement plus alpin. Sous la Tête du Lion, nous enfilons baudrier, casque et nous encordons. La traversée qui mène au col du Lion serpente dans un vaste pierrier où chaque pas demande de l’attention.
Depuis le col, l’itinéraire devient plus agréable. Nous progressons sur des gradins rocheux faciles avant de remonter un grand couloir qui nous conduit jusqu’au refuge Carrel, véritable balcon suspendu face aux plus hauts sommets des Alpes.
Mais la journée est loin d’être terminée. Après avoir préparé le repas du soir, chacun organise son matériel pour le lendemain. Le réveil est programmé à 3 h 30, car le sommet se mérite.
Jour 2 – Le sommet du Cervin
À la lumière des frontales, nous faisons chauffer de l’eau pour le thé et un rapide petit-déjeuner. Vers 3 h 50, nous quittons le refuge.
Les premières cordes fixes sont rapidement franchies. Peu à peu, nous gagnons de l’altitude jusqu’au secteur du Pic Tyndall, avant de poursuivre au plus simple sur le fil de l’arête. Quelques passages d’escalade faciles alternent avec des sections équipées de cordes fixes, offrant une progression aussi technique que spectaculaire.
L’ambiance devient de plus en plus aérienne. Chaque mètre nous rapproche du sommet, dans un décor minéral exceptionnel où la concentration reste permanente.
À 6 h 30, nous atteignons enfin le sommet du Cervin. Nous sommes seuls là-haut. Un moment rare, presque irréel. Face aux Alpes italiennes, suisses et françaises, le temps semble suspendu. Nous profitons pleinement de cet instant privilégié avant d’entamer la descente.
Dans les cordes fixes, nous croisons les cordées parties après nous. La montagne s’éveille progressivement tandis que nous retrouvons le refuge Carrel vers 9 heures.
Après un thé bien chaud, nous reprenons le chemin de la vallée. Au cours de la descente, nous croisons l’athlète Nadir Maguet, lancé dans une tentative de record sur l’itinéraire. Une rencontre qui rappelle que le Cervin attire aussi bien les alpinistes passionnés que les plus grands spécialistes de la montagne.
Un arrêt au refuge Oriondé pour savourer un généreux plat de pâtes permet de reprendre des forces avant la dernière marche jusqu’à Plan Maison. La télécabine nous ramène ensuite à Breuil-Cervinia, avec le sentiment d’avoir vécu une ascension hors du commun.
Une course mythique dans les Alpes
Gravir le Cervin par l’arête du Lion, c’est vivre une véritable aventure d’alpinisme. Entre Breuil-Cervinia, le refuge Carrel, les cordes fixes, le Pic Tyndall et le sommet à 4 478 mètres, cet itinéraire s’adresse aux alpinistes en excellente condition physique, à la recherche d’une expérience authentique en haute montagne.
