Raid à Névache



Jour 1

La neige tombe lorsque nous quittons la vallée pour monter au refuge de Buffère. Le monde se referme doucement, feutré, silencieux. À l’abri, le pique-nique devient un moment hors du temps, au chaud, pendant que la tempête continue son œuvre dehors.
L’après-midi, on sort sur la crête de l’Échaillon, en restant volontairement au plus près de la forêt, là où le relief protège et rassure. Avant de rentrer au refuge, une petite recherche DVA, histoire de garder les bons réflexes et de conclure la journée avec sérieux.

Jour 2

Réveil sous un grand ciel bleu. Le contraste avec la veille est saisissant. Les crêtes de Baude nous attirent naturellement. La montée est douce, la neige excellente. Tellement bonne qu’on décide de remettre les peaux pour prolonger le plaisir.
Une petite remontée au-dessus du refuge permet une belle descente dans les bois, ludique et fluide. Puis nouvelle montée, cette fois en direction de Ricou, dans une ambiance de raid bien installée : rythme tranquille, sourires, et grands espaces.

Jour 3

Cap sur la Grande Tempête. La montée se fait sans précipitation, et la récompense est à la hauteur : une superbe descente en versant est, neige froide et skis légers. En bas, pas question d’en rester là. Les peaux retrouvent leur place pour franchir un deuxième col, avant une longue descente jusqu’à Laval, où les jambes commencent à bien sentir les jours qui s’enchaînent.

Jour 4

Le ciel est chargé au départ. Les nuages nous accompagnent jusqu’à l’ascension vers le Pain de Sucre. Puis, comme souvent en montagne, une éclaircie arrive pile au bon moment. La descente se fait dans une lumière presque théâtrale.
Retour au refuge pour un repas bien mérité, chaleureux et convivial. L’énergie revient vite : on remet les peaux pour un dernier petit tour dans la forêt. La journée se termine par une stratégie de recherche DVA, sérieuse mais toujours dans la bonne humeur.

Jour 5

Dernier jour. Direction le refuge du Chardonnet, en remontant le vallon de la Grande Manche. La fatigue est là, mais l’envie aussi. Une dernière descente, tranquille et engagée à la fois, nous ramène en fond de vallée par les bois. Le raid s’achève comme il a commencé : skis glissant entre les arbres, silence, et cette sensation rare d’avoir pleinement vécu la montagne.