Raide en Clarée



Jour 1
On profite de l’éclaircie matinale, précieuse fenêtre avant l’arrivée annoncée de la neige. Juste assez de lumière pour distinguer les reliefs et se mettre en route. Montée à Roche Robert, le décor est déjà hivernal et prometteur. Puis la neige nous rattrape peu à peu sur le chemin du refuge du Calots des Vaches. Les prévisions sont claires : la nuit sera copieuse. On se met à l’abri en sachant que le lendemain s’annonce mouvementé.

Jour 2
Au réveil, le verdict tombe : environ 60 cm de neige fraîche. Trop. Le plan initial est abandonné — basculer dans la vallée de Névache serait bien trop dangereux. On fait demi-tour et on redescend jusqu’au véhicule. La descente est délicate, au milieu des avalanches déjà parties dans la nuit et de celles qui n’attendent qu’un skieur pour se déclencher. Malgré tout, la neige est bonne, dans une ambiance de jour blanc où les repères disparaissent.
Après avoir déneigé le camion, une bonne heure de route nous mène à Laval. On repart à la montée, avant une petite sortie dans les bois. Tellement de neige qu’il devient presque impossible d’enchaîner les virages. On finit la journée au chaud, contents d’avoir su rester prudents.

Jour 3
Le beau temps revient enfin, mais le manteau neigeux reste impressionnant. On monte au-dessus de Laval avec beaucoup de méfiance pour rejoindre les vallons au-dessus de Ricou. La descente est excellente sur le haut, puis la neige devient plus changeante en perdant de l’altitude. On plonge ensuite dans la forêt sous Ricou, avant de remettre les peaux pour rejoindre le refuge du Chardonnet.

Jour 4
Le mauvais temps est de retour, accompagné de nouvelles chutes de neige. On se contente de deux descentes au-dessus du refuge, parfois sous de fortes rafales de vent. La visibilité n’est pas toujours idéale, mais la descente finale dans la forêt est excellente, ludique et abritée — une belle façon de conclure le raid.